RegArt - Reportage à Aix-en-Provence (France)

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Aix en Provence

Textes et photos
Jérôme Bovay
Pierre-André Grognuz

Au carrefour de l’antique voie Domitia reliant l’Italie à l’Espagne, de la route du mistral et de celle du vent de mer, autour de ses fontaines qui invitent à se rafraîchir, sur les terrasses du Cours Mirabeau où c’est toujours l’heure du café ou du verre de l’amitié, au seuil des portes qui ne demandent qu’à s’entrouvrir sur leurs jardins secrets et leurs traditions, chez ses hôteliers, commerçants et artisans qui ont tant à faire partager, Aix en Provence cultive avec amour la douceur de son hospitalité et l’éclat de son sourire…

 

 

Article paru en Mai 2005

 

Agée de vingt siècles et pourtant méconnue

C’est en 122 avant J.-C. que débute l’histoire d’Aix en Provence, lorsque les Romains commencèrent à abandonner le plateau d’Entremont au profit d’un site où jaillissaient des sources d’eau chaude et minéralisées. La cité «Aquae Sextiae» (Les eaux de Sextius), ainsi nommée du nom du général Romain Caius Sextius qui édifia les thermes, deviendra dès le début du Ve siècle une cité épiscopale et dès 1182, la résidence des comtes de Provence; la ville se développe alors autour de trois pôles: le palais comtal, la cathédrale Saint- Sauveur et de nouveaux quartiers artisanaux et marchands.

La ville déborde très rapidement de ses anciens remparts avec notamment l’installation de nombreux couvents dont le plus célèbre est celui des Hospitaliers de Saint-Jean de Malte et qui deviendra par la suite la future sépulture des Comtes.

L’Université fut fondée en 1409 par Louis II d’Anjou et c’est sous le règne de son fils René (1409-1480) qu’Aix va se doter d’une administration efficace et parallèlement devenir un foyer de création artistique. Cette période dorée a très certainement contribué à la légende de la Reine Jeanne et du «Bon Roi René», dont la statue trône sur la place en haut du Cours Mirabeau. C’est un an après sa mort que la Provence sera rattachée au Royaume de France. Mais durant deux siècles, la ville refusera la politique centralisatrice de la monarchie. Il faudra attendre le règne du Roi Soleil pour que la cité «rebelle» devienne «courtisane», organisée autour du pouvoir judiciaire et religieux.

Au milieu du XVIIe siècle, Mazarin, frère du cardinal, donna un nouvel élan à la ville, alors résidence des archevêques, en créant le quartier qui aujourd’hui porte encore son nom; L’on y vit rapidement s’installer les aristocrates, conseillers, magistrats et autres notables. En 1650, le parlement ouvre un cours à carrosses à l’emplacement des remparts abattus, rebaptisé «Cours Mirabeau» au XIXe siècle, du nom du parlementaire du Tiers Etat de 1789, alors véritable «idole de la Provence». Les façades richement décorées, les portails monumentaux des hôtels particuliers affichent la réussite de leurs propriétaires, dont les salons accueillent hommes de lettres, savants et artistes.

Durant le XIXe siècle, la ville rejette la révolution industrielle et choisit de vivre hors de son temps pendant un siècle. Méconnue mais préservée, Aix connaît dès le milieu du siècle dernier un essor démographique et économique sans précédent. Aujourd’hui, la ville affirme avec dynamisme son développement universitaire et culturel. Les travaux de réhabilitation du Centre historique, le renouveau du Festival d’Art Lyrique, la Cité du livre ou le futur Centre Chorégraphique National témoignent de sa vocation culturelle, ouverte sur le monde. L’expansion économique d’Aix se construit également autour des activités tertiaires et des entreprises de haute technologie qui ancrent la ville dans le troisième millénaire. Aix se présente en ce début de XXIe siècle comme une cité aux dimensions humaines où cohabitent en parfaite harmonie un patrimoine préservé et la ville de demain.

Balade avec Zola et Cézanne

Qui pourrait rêver de meilleurs guides pour partir à la découverte de la ville; ces deux amis sont sans conteste les plus célèbres des Aixois. Le premier a trois ans quand sa famille s’installe à Aix. Son père, ingénieur, projette de construire un nouveau barrage et un nouveau canal en Provence afin de garantir un meilleur approvisionnement de la ville en eau. Bien qu’il décède avant la fin de la construction de son ouvrage, le nom de Zola est associé aujourd’hui encore aux 101 fontaines de la ville qui n’ont dès lors plus jamais manqué d’eau; elle y coule désormais à profusion. Les sources jaillissent à chaque détour de rue, sur chaque place, dans chaque cour et viennent compléter les sources souterraines d’eau thermale. La plus célèbre, la source Jeanne, à qui les peuplades celtes des premiers siècles avant J.-C. attribuaient déjà des pouvoirs favorisant la fertilité, alimente les Thermes Sextius, construits à l’emplacement même des thermes romains et dont on peut voir aujourd’hui encore les vestiges de la piscine. De la fontaine monumentale de la Rotonde et ses trois statues de marbre de style napoléon III, à la charmante Fontaine des Quatre Dauphins, située au coeur du Quartier Mazarin, en passant par la fontaine moussue à eau chaude, le long du Cours Mirabeau

Gageons que l’image de ces fontaines rencontrées au long de ses balades, de même que ses escapades dans la campagne avoisinante avec son ami Cézanne ont profondément marqué Emile, le fils du célèbre ingénieur. Emile ne passera pas toute sa vie en Provence, mais juste une quinzaine d’années, avant de remonter à Paris. Cependant, Aix, la ville de son adolescence, hantera toujours l’écrivain et sera moult fois source d’inspiration dans son oeuvre maîtresse, l’histoire des Rougon-Macquart. Dans plusieurs ouvrages de cette épopée familiale, Zola nous décrit souvent une petite ville nommée Plassans. Reprenons un extrait de la «Fortune des Rougon», et constatons qu’aucun doute n’est permis: «Bâtie sur le plateau qui domine la Viorne, adossée au nord contre les collines des Garrigues, ... la ville est comme située au fond d’un cul de sac ... [et] aucune ville n’a mieux conservé le caractère dévot et aristocratique des anciennes cités provençales. Elle avait, et a d’ailleurs encore aujourd’hui, tout un quartier de grands hôtels bâtis sous Louis XIV et Louis XV, une douzaine d’églises, des maisons de jésuites et de capucins, un nombre considérable de couvents.»

 

 

 

 

Il s’agit bien là d’Aix en Provence. A l’âge de 12 ans, Zola se lie d’amitié avec l’un de ses camarades, Paul Cézanne, qui deviendra d’ailleurs le Claude Lantier de Zola, fils de Gervaise et frère d’Etienne Lantier, héros de Germinal. Cézanne, lui, est né à Aix. Il y mourra aussi; après avoir séjourné à Paris et fréquenté le cercle de Monet, Renoir et Pissaro, le grand maître du mouvement impressionniste y reviendra pour s’y retirer définitivement. En flânant dans la ville, sa présence est en permanence perceptible, comme si chaque ruelle, chaqu hôtel particulier et chacune des cent-une fontaines de la cité se souvenaient encore de lui.

A commencer par le Café des Deux Garçons, en haut du Cours Mirabeau, qu’il fréquentait avec ses amis, à deux pas de la chapellerie familiale, ornée sur le côté d’une cocasse réclame pour une assurance. Traversons la rue, passons devant le Café Clément, qu’il affectionnait aussi – peut-être parce que personne ne le reconnaissait ! – et pénétrons le Quartier Mazarin, aux somptueux hôtels particuliers, propriétés de l’aristocratie aixoise. Nous découvrons à quelques mètres de la Fontaine aux Quatre Dauphins la superbe église Saint-Jean de Malte, au coeur baigné de lumière couleur de paille.

De style gothique du XIIe, ancien prieuré des Chevaliers de Malte, il abrita les tombeaux des Comtes de Provence. Les obsèques de la mère de Cézanne s’y déroulèrent en 1897. Devant l’église, le Musée Granet, actuellement en réfection et qui abrite huit toiles du maître, connut un Cézanne studieux, tout à ses cours de dessins. Remontons la rue d’Italie et la rue Thiers – un autre Aixois célèbre – et pénétrons dans la partie la plus typique et charmante de la ville, la vieille ville. Partons en direction de la cathédrale. Contournons l’imposant Palais de Justice, place de Verdun, jouons des coudes à travers ses nombreux puciers, artisans et brocanteurs pour arriver à la Place d’Albertas, baroque et rococo, aux couleurs rouille et vert-de-gris, aux pavés mal plats, à la fontaine quelque peu décatie, mais si pittoresque. Avant d’arriver à la place de l’hôtel de ville, une fontaine ornée d’un bronze sculpté attire notre regard; il est à l’effigie de... Cézanne et réalisé par Guino, élève de Maillol.

La place de l’hôtel de ville est remarquable; façade à l’italienne du XVIIe, splendide grille en ferronnerie et escalier à double révolution, et surplombée par la Tour de l’Horloge, du XVIe et son horloge astronomique où les quatre saisons personnifiées apparaissent tout à tour.

Passons outre la proche mais inintéressante banque paternelle «Cézanne et Cabassol» et avançons dans le quartier du Vieux-Bourg Saint-Sauveur, où l’on peut découvrir les derniers vestiges des remparts médiévaux. Le joyau du quartier est sans conteste la cathédrale Saint-Sauveur, exemple rarissime de juxtaposition de styles: fondations romaines, baptistère mérovingien, une nef gothique, une autre romane, le tout clos par des portes du XVe. Le très bel intérieur abrite le chef-d’oeuvre de Nicolas Froment, le tryptique du Buisson Ardent, peint pour le bon roi René à la fin du XVe siècle. On y célèbra les obsèques de Cézanne en 1906. Vis à vis, la faculté de Droit (1734) où il étudia de 1858 à 1860, et qui abrite aujourd’hui l’institut d’études politiques.

Quelques mètres en contrebas, sur la Place des Martyrs de la Résistance, avec sa curieuse fontaine, l’Hôtel Maynier d’Oppède et le Palais de l’Archevêché, reconnaissable à sa splendide porte Régence et qui abrite le Musée des Tapisseries et sert de cadre au Festival International d’Art Lyrique.

Avant de partir à l’assaut de la colline qui se dresse devant nous, il est absolument indispensable de faire un crochet en direction de l’ouest par la rue du Bon Pasteur. Tout en restant en pleine ville, les bruits s’estompent, et derrière un écran de troncs et de verdure créé par de superbes platanes, arbres emblématiques de la ville, au milieu d’un jardin où le seul bruit se limite au murmure d’une fontaine, se dresse le Pavillon de Vendôme, aux harmonieuses proportions, à la pierre blonde, aux fenêtres blanches.

Construit en 1665, son seul but était d’abriter les amours secrètes du Duc de Vendôme et de sa Belle mais illégitime compagne. Le Pavillon abritait même un passage couvert pour dissimuler les coupables fiacres, directement au bas de l’escalier à double révolution; ce passage a été comblé et l’on a créé deux magnifiques salles abritant une très belle collection de meubles provençaux, ainsi que des expositions temporaires. On y admire jusqu’au 15 juin des gravures de Max Ernst, puis les cocasses sculptures en polystyrène de François Mezzapelle, du 25 juin au 5 septembre.

Il est temps de clore cette première balade aixoise sur les traces de Cézanne en grimpant depuis la Cathédrale la pente douce qui mène à l’Atelier du peintre. Construit en 1901 selon les désirs et les plans de l’artiste, ce pavillon fut son lieu de travail et de résidence jusqu’à sa mort. Dominant la ville, il abrite un atelier aux murs gris, à la baie vitrée étonnamment grande et située au nord, afin de garantir un éclairage naturel et constant. On y découvre avec émotion les objets du peintre ayant servi comme modèle à ses natures mortes: drapés, pot à eau, table, vase, et même une statue de l’amour en plâtre [sic]... Il y peignit les «Grandes baigneuses», qu’il ne put sortir de son atelier qu’en y faisant une énorme découpe dans le mur nord! Pour qui s’étonne de l’état de conservation de l’atelier et de tous ces objets, il faut remercier dans un premier temps Marcel Provence qui acheta l’atelier en 1921 afin de préserver ce patrimoine, puis surtout à deux étudiants américains, grands amateurs de Cézanne; il créèrent une fondation dans le but de sauver l’atelier, se chargèrent de récolter des fonds aux Etats-Unis, fonds qui leur permirent de racheter l’Atelier et de l’offrir en 1954 à la ville d’Aix.

Le sommet de cette même colline, à quelques minutes à pied de l’atelier, au lieu dit «Les lauves», nous réserve le panorama que Cézanne affectionnait le plus, face à la Montagne Sainte-Victoire; passionné par cet emblème de la Provence, il la peindra 44 fois au total, dont 28 fois depuis les Lauves. Ces représentations restent ses oeuvres les plus réputées et sont visibles dans les plus grands musées du monde. En 1906, il y peindra son dernier tableau; surpris par un orage, Cézanne continuera à peindre sous la pluie. Il en mourra une semaine plus tard. D’une place qui se transforme en décor de théâtre aux marchés aux mille couleurs et autant d’odeurs, Aix ravira tous les regards curieux, tant les coups de coeur surgissent au détour de chaque flânerie.

La Fondation Vasarely

Né en 1908 en Hongrie, Victor Vasarely est très vite attiré vers l’art abstrait, alors largement diffusé en Europe par le Bauhaus et ses professeurs et maîtres, Klee ou Kandinsky. Style géométrique, nouveaux matériaux, art fonctionnel ou le romantisme n’a pas plus place, les concepts de l’art abstrait vont influencer les premières créations de Vasarely. Ses premières et brèves études de médecine lui ont donné le goût des sciences, en particulier de la physique et des mathématiques. Fasciné par la géométrie de l’espace, par ce nouvel art cinétique dont le but est de proposer avec la participation du spectateur l’illusion du mouvement, Vasarely va de plus en plus créer et imposer des normes scientifiques à ses oeuvres; conçues à la règle et au compas, puis sur ordinateur, elles deviennent de plus en plus géométriques. Il conçoit un nouveau langage, un nouveau vocabulaire à partir d’une vingtaine de couleurs pures et de deux formes essentielles, le rond et le carré, qu’il oppose et associe à l’envi.

En 1976, Vasarely conçoit à Aix une monumentale Fondation, lieu de recherche et de démonstration, accessible à tous, sorte d’énorme laboratoire interdisciplinaire où tous les intervenants réaliseraient l’environnement urbain du futur. Le bâtiment, de près de 100m de long est un exemple de l’urbanisme que veut promouvoir la Fondation. Sa façade en aluminium présente sur chaque alvéole l’unité de base cercle/carré constituant la base de son alphabet. L’intérieur du bâtiment est composé de 16 modules hexagonaux, la plupart éclairés naturellement par leur sommet; 7 salles présentent d’une manière tout à fait impressionnante 42 œuvres monumentales de Vasarely; hautes et larges de plus de 5m réalisées en tapisserie, métal, émail ou peinture, elles sont autant de preuves de l’intégration de l’art dans l’architecture urbaine. Tout au long des salles, vous participez activement à la découverte de ses oeuvres; vous les faites bouger et évoluer dans l’espace par votre seul déplacement dans les salles; votre esprit se trouble par les effets de perspectives aberrantes. Outre les oeuvres de Vasarely, la fondation présente plusieurs œuvres de son fils Yvaral, autre grand promoteur de l’art cinétique, et créateur notamment des logos de RTL et de Renault.

Fondation Vasarely, 1 av. Marcel Pagnol
Ouvert de 11h00 à 13h00 et de 14h00 à 18h00 - Tél.: +33 4 42 20 01 09

Aix en Provence, ville d’émotions

Peu d’endroits en France n’offrent comme à Aix un creuset idéal au développement culturel. L’art lyrique tout d’abord, avec son «Festival International d’Art Lyrique» qui rivalise avec Salzbourg et invite Mozart dans le cadre prestigieux du Palais de l’Archevêché. Autour de Mozart, le festival animé par le désir de s’ouvrir au public, convie Bach, Rossini, Purcell, Offenbach, Bartok et bien d’autres. Esprit d’ouverture également par la diversité des concerts de musique de chambre, récitals, master classes et répétitions données à la Cité du livre ou à l’Hôtel Maynier d’Oppède, et programmés par l’Académie Européenne de Musique, crée en 1998 dans le but de promouvoir de nouveaux et prometteurs jeunes artistes.

N’oublions pas en hiver les «Concerts d’Aix» à la Cathédrale St.-Sauveur et au Théâtre du Jeu de Paume, les «Nuits Pianistiques» en mars, festival international dédié au piano, «Air Jazz Festival» en juillet en hommage à Armstrong, Ellington et Glenn Miller, de même que le festival «Zic Zac Estival», teinté de couleurs reggae, raï et flamenco.

Les amateurs de danse ne manqueront pas une rencontre avec le Ballet Preljocaj, installé à la Cité du Livre et particulièrement actif dans la création et la diffusion chorégraphiques.

D’Avignon aux plus grandes scènes internationales – on applaudira dans le cadre des Nuits de Fourvière leur vision des Saisons de Vivaldi les 11 et 12 juillet – on les retrouve à Aix dans le cadre des festivals «Danse en Eté» et «Hiver en danse». Quant au festival de danse «Danse à Aix», il comble depuis plus de 20 ans un public de plus en plus large; du 20 juillet au 4 août, il proposera dans sa partie estivale les créations d’une dizaine de compagnies sur des scènes en intérieur comme en extérieur, ainsi que plusieurs événements de rue et une présence renforcée dans le Pays d’Aix.

La principale scène d’Aix est le Théâtre du Jeu de Paume. Nommé ainsi car construit à l’emplacement d’un Jeu de Paume Royal où Louis XIV vint jouer en 1660, il est aujourd’hui avec le théâtre de Bordeaux l’un des seuls bâtis au début du XVIIIème siècle à subsister. A la suite d’importants travaux de réhabilitation qui ont nécessité la fermeture du théâtre pendant deux saisons, son exceptionnelle qualité acoustique s’offre à nouveau aux Aixois dans une programmation dirigée par Dominique Bluzet et tournée vers la création et le renouveau dans un grand mélange de styles.

Aix en Provence Pratique

  • Rapide et confortable, le TGV au départ de Genève.
  • Soit sans changement jusqu’à Marseille, puis charmant train entre mer et Ste-Victoire jusqu’à Aix centre.
  • Soit avec changement à Lyon, destination Aix-TGV, puis navette à destination du centre ville, à 15km de la gare.
  • Vous trouverez d’excellents restaurants tout au long de la rue des Couronnes.
  • Pour vos achats et souvenirs de Provence, de nombreuses boutiques s’offrent à vous à la rue Gaston De Saporta
  • Visitez Aix-en-Provence avec votre téléphone portable.

Grâce à Allovisit, vous pourrez écouter un commentaire intéressant et complet sur le lieu que vous êtes en train de visiter. 7 lieux vous sont proposés: Place de la Rotonde (0), Place des Quatre Dauphins (1), Saint-Jean de Malte (2), Cours Mirabeau (3), Hôtel de ville (4), La cathédrale (5) et Place d’Albertas (6) – Comment procéder? Sur votre téléphone composez le 0 892 682 511 (€ 0.34 /min.) puis entrez le code d’Aix en Provence 021 000 et laissez vous guider par le système vocal. Raccrochez entre chaque lieu de visite!

Les soirées au Festival d’Aix

Le festival est tout d’abord celui de l’art lyrique avec cinq opéras, dont deux de Mozart, souvent inséparable de l’événement musical: si l’opéra invite à plonger au coeur des faiblesses humaines, ses beautés ne manquent jamais d’éveiller l’espoir en chacun de nous. Ainsi Cosi fan tutte, dirigé par Daniel Harding, dans une mise en scène de Patrice Chéreau qui marque ici son retour à l’opéra et sa présence pour la première fois au Festival d’Aix-en-Provence, réalise l’alliance du marivaudage et de la gravité: «tous accusent les femmes et moi je les excuse si mille fois par jour elles changent d’amour. Certains appellent cela un vice, d’autres une habitude: Et cela me paraît à moi être une nécessité du coeur».

Autre spectacle: celui de la passion politique que Mozart exalte dans La Clémence de Titus, mis en scène par Lukas Hemleb et dirigé par Paul Daniel. Ou encore lorsque dans l’opéra de Rossini Le Barbier de Séville s’affirme l’éclatante légitimité du bonheur et cette révolte prête à éclater que porte en lui le Figaro de Beaumarchais, dans une explosion de gaieté ordonnée par David Radok sous la baguette de Daniele Gatti.

Le Festival d’Aix s’enrichit aussi de concerts servis tous par des interprètes de qualité, des pianistes, Pierre-Laurent Aimard, Alain Planès, le Wiener Piano Trio, le Tal Trio, Les Quatuors Teller et Tokyo, l’Ensemble Musicatreize , et en ce qui concerne les orchestres, celui du Teatro Communale di Bologna et le Malher Chamber Orchestra. Des chefs prestigieux comme Daniel Harding principal chef invité du London Symphony Orchestra et directeur musical du Malher Chamber Orchestra et Daniele Gatti, actuel directeur du Teatro Communale di Bologna.

Mais le festival se conjugue aussi en modernité avec la création de Julie, d’après la célèbre pièce d’August Strindberg, Mademoiselle Julie, écrite en 1888: l’oeuvre de l’écrivain suédois a été mise en musique par Philippe Boesmans, compositeur d’origine belge largement couronné de prix et qui a abordé la composition de manière quasiment autodidacte. Seconde oeuvre au programme, une reprise de la production 2001, Le Tour d’écrou de Benjamin Britten d’après Henry James.

Ces deux opéras bénéficient de la mise en scène de Luc Bondy avec Kazushi Ozono à la direction musicale de l’Orchestre de Chambre de La Monnaie.

De concerts en festival

Cette année, 2005 sera particulièrement riche en concerts et récitals; en effet ce sont plus d’une trentaine de concerts qui seront proposés avant et après les opéras. Pièces célèbres et oeuvres rares se côtoieront et cela dans les lieux les plus symboliques du Festival, le Théâtre de l’Archevêché et l’Hôtel Maynier d’Oppède. Ces concerts seront donnés par des artistes menant en résidence une démarche artistique originale.

Ainsi seront proposés des Musiques et Chants du Pamir avec des artistes venus du Tadjikistan et de l’Afghanistan, et de la musique des Steppes par des artistes venus de Mongolie et du Kirghizistan, dans les concerts Musique du monde. Ou encore par le Choeur Accentus dirigé par Laurence Equilbey, des choeurs et liturgies russes.

Le Quintetto Bibiena proposera des oeuvres de Ligeti, Prokoviev et Frank Zappa. Mais on pourra aussi entendre et rencontrer les interprètes comme Pierre-Laurent Aimard ou Alain Planès, pianistes, et Fabio Biondi, violoniste, accompagné au clavecin par Kenneth Weiss ou assister aux répétitions publiques. Chaque jour offriront ainsi ses musiques et ses possibilités de rencontres avec les artistes, suivies des petits grignotages d’avant ou d’après soirée et cela sans que le spectateur soit gêné, ni privé d’opéra grâce à un passeport spécial.

Jacqueline Aimar

Du 8 au 30 juillet
Renseignements et réservations au +33 42 173 434
www.festival-aix.com
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