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Dijon

Joyau de la Bourgogne

ou quand les murs parlent d'histoire...

par Kathereen Abhervé

Délicatement enveloppée dans un tulle de nuages soyeux
Dijon se réveille encore toute humide des pluies de la nuit
Les pavés sèchent lentement sous la caresse matinale
La rue de la Liberté progressivement s’anime saluée par le froissement
silencieux de ses bannières multicolores
Les passants vont leur chemin avec la tranquillité de ceux qui ont le temps
Un temps qui ici semble éternel, ponctué depuis plus de sept siècles par letimbre d’airain de la cloche du Jacquemart de l’église Notre-Dame

 

 

Article paru en Novembre 2003

Dijon est un joyau architectural qui peut se lire comme un véritable livre d'histoire. Cette flânerie impromptue que nous vous proposons, va vous permettre d'en tourner les lourdes pages dont chacune d'elles vous révèlera l'éclat de la cour des Ducs de Bourgogne se mariant à la richesse et à la noblesse des Princes de Condé qui imprimèrent leur puissance en majestueuses lettres de pierre. Une histoire qui se poursuivra avec l'expansion d'un XIXe siècle sortant de ses fortifications puis avec la fierté de la ville qui au XXe siècle, devint l'un des plus grands centres ferroviaires français. C'est avec la singulière beauté du nouveau temple de la culture, étrange vaisseau de verre, d'acier et de pierre de Bourgogne élevé à la fin des années 90 dans un quartier nord de la ville, que nous refermerons ce livre dont la dernière page n'est pas encore écrite.

Toutefois Dijon, malgré ses airs de bonne bourgeoise avenante et sympathique, ne se gêne pas de faire de facétieux pieds de nez à l’Histoire en mélangeant sans vergogne, mais dans une belle harmonie, les styles architecturaux, en brassant les époques qui parfois se percutent sur une même façade (église Saint-Michel).

Etonnamment épargnée par les grands chambardements de l’Histoire, Dijon devint l’un des premiers secteurs sauvegardés de France (97 hectares) dont les nombreux hôtels particuliers et maisons à colombages magnifiquement restaurés, musées, édifices publics et églises constituent la mémoire vive d’une cité créée jadis par les Romains. Du premier castrum qu’ils bâtirent sur le cours du Suzon, naquit la ville de Divio qui, située sur la route de l’ambre et de l’étain, s’est rapidement développée grâce à sa position idéalement placée à la croisée des chemins qui du nord, mènent vers la Méditerranée ou la vallée du Rhin.

Dijon devient capitale de Ducs de Bourgogne

C’est d’ailleurs cette situation exceptionnelle qui autorisa les Ducs de Bourgogne à rêver, pendant plus d’un siècle (1363-1477), d’un véritable royaume qui, à la mort de Charles le Téméraire, s’étendait de la Franche-Comté aux comtés de Hainaut, de Hollande et de Zélande en passant par le Brabant, le comté de Flandre et d’Artois, pays alors les plus féconds de l’Occident. Une puissance territoriale et économique gouvernée par quatre générations de ducs tumultueux et belliqueux, princes généreux et terribles, sauvages et délicats, qui constituait une menace permanente pour un royaume de France encore fragile. C’est pourquoi, à la mort de Charles le Téméraire (1477), le Roi Louis XI s’est empressé de rattacher ce bouillonnant et prestigieux duché à la couronne de France.

Dijon, après avoir été la résidence des ducs capétiens, devint, à l’avènement de Philippe le Hardi, la capitale de ces ducs fastueux et orgueilleux (1363), dont elle conserve de magnifiques et éloquentes traces.

Notre promenade commencera donc au coeur de la ville ancienne, au pied du Palais des ducs et des Etats de Bourgogne, aujourd’hui hôtel de Ville et musée des Beaux-Arts. Constitué de bâtiments du XIVe au XIXe siècle, cet imposant palais illustre à lui seul tous les méandres de l’histoire extrêmement compliquée de cette ville. Malgré les agrandissements successifs, le palais a conservé de beaux souvenirs du milieu du XVe siècle comme la façade percée de fenêtres à meneaux du logis de Philippe le Bon et la Tour Philippe le Bon de laquelle on peut jouir, après avoir grimpé plus de 300 marches, d’une vue imprenable sur les belles couleurs des toits de tuiles et «les cent clochers» de la vieille ville qui l’entoure.

Le quartier Notre-Dame

Revenu sur terre, nous nous dirigerons vers le pittoresque quartier Notre-Dame qui se développa à partir du Moyen Age derrière le palais ducal. Aujourd’hui situées dans une zone piétonne, ses rues anciennes aux noms suggestifs, comme la rue des Forges, Verrerie, Vannerie, Chaudronnerie, offrent de très beaux exemples d’hôtels particuliers et de maisons à pans de bois, encorbellements, colombages, flanquées d’échauguettes et de tourelles. Avec son échoppe de pierre, la fameuse maison Millière construite en 1483 servit de cadre, comme l’hôtel Vogüe, au tournage du film Cyrano de Bergerac du Bourguignon Jean-Paul Rappeneau. Nous suivrons ensuite l’incontournable rue des Forges bordée par de belles maisons en pierre bâties à proximité du palais par de riches commerçants, grands bourgeois et financiers comme l’hôtel Morel Sauvegrain bâti au milieu du XVe siècle dont la belle façade est percée de fenêtres en accolades ou l’hôtel Aubrior datant du début du XIIIe. L’hôtel Chambellan qui abrite aujourd’hui le siège de l’Office de Tourisme, constitue une des perles de l’architecture dijonnaise médiévale (1488). La façade chargée de l’hôtel Maillard offre quant à elle, un panorama étonnant d’éléments décoratifs de la Renaissance avec ses frontons brisés, ses mufles de lion, ses vases, guirlandes de fruits et de fleurs réalisés par le célèbre architecte et sculpteur Hugues Sambin dont vous retrouverez l’influence sur plusieurs façades dijonnaises. Poussons la porte de cette magnifique demeure pour admirer dans la cour, le portique des Atlantes réalisé par l’Italien Le Primatice. Passage obligé ensuite par la rue Verrerie, unique en son genre, car bordée de chaque côté, sur près de 80 mètres, par des maisons à encorbellements. Au n° 4 de la rue de la Chaudronnerie, vous trouverez la façade la plus ancienne de la ville (XIIIe s.). Nous ne quitterons pas ce décor de théâtre abritant pourtant une activité commerciale importante (antiquaires, boutiques de vêtements, pâtisseries) sans avoir admiré la belle église gothique Notre-Dame dont la façade hérissée depuis 1881de fausses gargouilles ne manque pas d’originalité. C’est sur l’une de ses tours, que vous trouverez le fameux Jacquemart que Philippe le Hardi arracha au beffroi de Courtrai au XIVe siècle. Cette horloge se compose d’une cloche et d’un automate sonnant les heures auquel on lui adjoignit au cours des siècles, trois autres automates pour frapper les trois quarts d’heure. Vous pourrez constater que les sculptures des portails n’ont hélas pas échappé aux ciseaux des «marteleurs» de la Révolution.

Les princes de Condé transforment 
le visage de Dijon

Selon le désir de Louis XI, Dijon devint dès 1480 et ce jusqu’à la Révolution, le siège du Parlement de Bourgogne ce qui attira une foule de magistrats et de gens d’office qui dotèrent la ville de la Renaissance au XVIIIe siècle, d’une centaine d’hôtels particuliers.

Le Parlement s’est installé dans le Palais du Parlement aujourd’hui palais de Justice, dont les bâtiments furent construits au hasard des nécessités et des passages des rois. En pénétrant dans la Chambre dorée abritant aujourd’hui la cour d’appel vous apprécierez le décor raffiné souhaité par François 1er. Puis nous pousserons la porte de la très longue salle saint Louis dite salle des Pas-Perdus dont la magnifique charpente en forme de carène de navire renversé vous rappellera celle de la Salle des Pôvres des Hospices de Beaune.

Au sortir du Palais de justice, nous flânerons rue Berbisey, pour admirer la richesse des hôtels particuliers construits par les parlementaires, comme l’hôtel de Ruffey, les hôtels Berbisey, l’hôtel Bretagne de Blancey. Nous pénétrerons ensuite dans le Marais dijonnais qui offre quelques beaux exemples d’hôtels classiques édifiés entre cour et jardin, comme l’hôtel des Barres construit rue Chabot-Charny, vers 1650 par un président du Parlement. Puis rue Vauban, si les portes sont ouvertes, nous oserons un petit coup d’œil discret sur la très belle cour inspirée de la Place Royale, de l’élégant hôtel Legouz de Gerland.

Nous ne manquerons pas de nous arrêter devant l’hôtel de Vogüe édifié en 1614 par un conseiller au Parlement, archétype des hôtels parlementaires dijonnais de cette époque. Une lecture de sa façade en pierres calcaires blanches et roses, vous permettra de reconnaître la griffe de Hugues Sambin et l’influence décorative de la Renaissance italienne.

C’est aussi vers la moitié du XVIIe siècle que les espaces libres se couvrirent de couvents de Carmélites, de Bénédictines et de Bernardines dont vous pourrez encore admirer la très belle église circulaire en visitant le musée d’art sacré qui s’y est installé, et le cloître qui abrite dorénavant le musée de la vie bourguignonne. Comme à Paris, la ville créa des promenades et des jardins publics (jardin botanique). Le Cours du Parc conduit les promeneurs au Parc de la Colombière que les princes de Condé dès le XVIIe siècle, ouvrirent aux Dijonnais.

Simultanément, Dijon, devenue le siège des Etats de Bourgogne, va entreprendre des travaux considérables pour transformer l’ancien palais des ducs en un lieu de résidence digne des princes de Condé, gouverneurs de Bourgogne et construire une salle pouvant accueillir la tenue des Etats de Bourgogne. Plusieurs architectes y travaillèrent mais c’est à Jules Hardouin Mansart, architecte de Versailles, que l’on doit cette magnifique scénographie imaginée entre la restructuration de la façade du palais s’ouvrant sur une majestueuse cour d’honneur et l’aménagement de la place royale en hémicycle d’arcades. La statue équestre de Louis XIV trônait au creux de cet écrin jusqu’à ce que la Révolution ne la fonde pour faire des canons. Nous accéderons à cette place considérée comme une des plus belles places royales de France par la rue de la Liberté autrefois appelée, rue des princes de Condé, noblesse oblige!

Dès la mi-novembre, l’Office de Tourisme proposera, dans le cadre de la prochaine exposition Rembrandt qui se tiendra du 24 novembre 2003 au 8 mars 2004 au Musée des Beaux-arts, une promenade découverte de «Dijon au XVIIe à l’époque de Rembrandt» et … des princes de Condé (tous les samedis dès 10h30).

Dijon contemporaine

La période révolutionnaire, quoique relativement clémente envers les trésors architecturaux de la capitale bourguignonne, lui arracha tout de même la chartreuse de Champmol. Ce prestigieux monastère fondé à la fin du XIVe siècle par Philippe le Hardi afin de servir de nécropole à sa famille, fut vendu comme carrières de pierre… Il n’en subsiste aujourd’hui que le portail de la chapelle et le magnifique et étonnant Puits de Moïse. Ce puits symbolique dont la colonne centrale représente les prophètes, a été sculptée par Claus Sluter. Au sortir de cette période troublée, Dijon se serait sans doute assoupie, si le nouveau réseau de canaux la reliant à Paris, l’Atlantique et la Méditerranée, puis l’avènement du chemin de fer ne l’avaient tirée de sa torpeur. C’est à cette époque que la ville décide de détruire ses remparts médiévaux pour s’épanouir dans les faubourgs qu’elle phagocyte aussitôt. Malgré les nécessités de la vie moderne, les élus auront toujours soin de préserver la qualité de la vie des habitants en poursuivant la tradition des parcs d’agrément ouverts aux Dijonnais dès le XVIIe siècle. Outre les jardins des anciens hôtels particuliers, Dijon dont le maire fut Robert Poujade, premier ministre de l’Environnement, offre l’image d’une ville bien verte agrémentée de squares, parcs et jardins publics magnifiquement arborés. Le charme de leurs fontaines, la fraîcheur de leurs allées ombragées d’essences variées et l’harmonie de leurs parterres de fleurs sauront vous délasser d’une longue journée de visites.

Pour tout renseignement: Office de Tourisme de Dijon
34, rue des Forges BP 82296 Dijon Cedex 
Tél.: 0033 380 44 11 44 • Fax: 0033 380 30 90 02 
E mail: infotourisme@ot-dijon.fr 
Internet: www.dijontourism.com

L’Auditorium de Dijon

Les Dijonnais doivent également à cet élu célèbre, la construction d’un magnifique Auditorium dans un quartier en plein développement, à proximité du palais des Congrès nouvellement restauré. Il faut dire que les Dijonnais entretiennent une longue histoire d’amour avec la musique depuis qu’un jour de l’an de grâce 1683 leur naquit un certain Jean-Philippe Rameau, fils de l’organiste de l’église Notre-Dame. La suite nous la connaissons.

Or depuis l’année dernière, ce grand vaisseau de verre, d’acier et de pierre de Bourgogne construit en trois ans (1995-1998) par l’architecte Bernardo Fort-Brescia (Arquitectonica) vogue en duo avec le Grand Théâtre bâti au centre ville au XIXe siècle, afin de s’adapter au mieux aux exigences spatiales et acoustiques de leurs programmations musicales, théâtrales et chorégraphiques communes.

Mais avant de lever le voile sur la nouvelle saison de ces deux institutions, nous vous invitons à une promenade-découverte du nouvel Auditorium, première salle de la région Bourgogne. Vous serez sans doute surpris en découvrant cette immense architecture triangulaire - sorte de gigantesque piano à queue ? - enjambant la rue de sa grosse patte d’acier que nous emprunterons pour accéder au «parvis» situé à plus de douze mètres au dessus de la rue. Nous déboucherons alors dans un vaste hall lumineux aux murs de verre, depuis lequel nous pourrons atteindre l’un des quatre niveaux de l’auditorium. Le marbre rouge et le granit beige recouvrent le sol; deux bois exotiques, le makoré et l’aniégré habillent les murs des foyers et de la salle de leurs couleurs contrastées. Des escalators, ascenseurs et un large escalier hélicoïdal nous permettront de circuler librement dans ces vastes espaces où le public aime à se retrouver durant les entractes. La salle aux proportions superlatives pouvant accueillir jusqu’à 1600 spectateurs, offre une acoustique et une visibilité parfaites qu’elle que soit la place occupée (au parterre ou aux balcons: 2 balcons frontaux et 2 latéraux). Il est vrai qu’ici l’acoustique a fait l’objet d’une attention toute particulière: murs et sol recouverts de bois collé, tout bruit parasite éliminé, sièges spéciaux, formes des parois étudiées, volumétrie savamment pensée, etc.. En un mot, la perfection faite salle. De plus avec de telles proportions, la scène de l’Auditorium peut recevoir dans les meilleures conditions tous les types de spectacles vivants d’envergure internationale. C’est d’ailleurs ce que nous allons pouvoir vérifier en consultant la plaquette de la saison 2003/2004.

Duo/Dijon - Saison 2003/2004

Pour leur seconde saison commune le Grand Théâtre et l’Auditorium proposent une programmation pluridisciplinaire qui, outre son intérêt pour le jazz, la danse, le théâtre et la variété, fera la part belle à l’opéra, à la musique symphonique et à la musique de chambre.

L’art lyrique a le vent en poupe avec dix productions - opéras et opérettes confondus - dont plusieurs en coproduction (Lohengrin, Une Carmen arabo-andalouse, Le Lac d’argent, La Belle Hélène, Le Postillon de Longjumeau et Don Carlo), quelques reprises (L’Enlèvement au Sérail, L’Opéra de Quat’Sous et La Flûte enchantée) et une création (Werther). La plupart de ses ouvrages seront donnés au Grand Théâtre de Dijon, exceptés Lohengrin et Don Carlo qui ouvriront et fermeront la saison à l’Auditorium.

Lohengrin, spectacle ambitieux, préfigurait une saison qui sera ponctuée par quelques chefs-d’œuvre du répertoire lyrique comme L’Enlèvement au Sérail - La Flûte enchantée et Don Carlo, et quelques ouvrages plus rares comme L’Opéra de Quat’Sous et Le Lac d’Argent de Kurt Weill donné hors les murs, sans parler de la nouvelle création de Werther confiée à Robert Cantarella. Enfin précisons que La Flûte enchantée sera chantée en allemand et les textes parlés en français. Joël Suhubiette assurera la direction musicale et Olivier Desbordes, la mise en scène.

La saison symphonique sera défendue par des orchestres de l’envergure de l’Orchestre National de France avec K. Masur, l’Orchestre français des Jeunes avec E. Krivine, l’Orchestre National de Russie, le Bamberger Symphoniker, l’Orchestre de la Radio de Berlin qui sera dirigé par M. Janowski et l’Orchestre Philharmonique de la Radio Bavaroise. On pourra également entendre l’Orchestre Symphonique de Saint Petersbourg, l’Orchestre National de Chine et l’Orchestre de Chambre Philharmonique Tchèque de Pardubice, sans oublier le Concerto Köln, le Concerto d’Amsterdam et Arsys Bourgogne, bien sûr. Les récitals de Vadim Repin et Itamar Golan, puis de Christophe Coin et Patrick Cohen, des sœurs Labèque et enfin de Magdalena Kozena et Thierry Grégoire sont très attendus.

Pour tout renseignement: 
0033 380 60 44 00 ou www.leduodijon.com

La vie musicale à Dijon ne saurait être complète sans L’Estivade qui de fin juin à début juillet anime les rues de la cité, ni sans le magnifique Festival des Musiques Sacrées du Monde qui depuis l’année dernière s’associe au célèbre Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde pour privilégier l’ouverture entre les cultures, les traditions et la spiritualité. Cette année «Les Voix de la Paix» qui se déroulaient du 9 au 12 octobre dernier avaient donné la parole à quelques voix sublimes, ambassadrices de la paix comme la chanteuse israélienne Noa, la Catalane Monserrat Figuerras et l’étonnante chanteuse tibétaine Yungchen Lhamo. Des chants de la terre venus du Népal, de Colombie, du Chili, le Chœur des Ambrosiniens et du flamenco complétaient ce programme.

Pour tout renseignement: 
0033 380 57 18 00 ou www.dijonfestival.com

Rembrandt et son école exposé 
au musée des Beaux-arts

Comme les Dijonnais évoquent Rameau lorsqu’ils écoutent de la musique, Colette lorsqu’ils écrivent, Eiffel lorsqu’ils bâtissent, Bossuet lorsqu’ils prient, ils sont fiers d’avoir donné au monde des sculpteurs comme Claus Sluter (1350-1406), François Rude (1784-1855) - rappelez-vous la célèbre «Marseillaise» sculptée sur l’Arc de triomphe de la Place de l’Etoile à Paris - et François Pompon (1855-1933). Avec le musée des Beaux-arts, ils possèdent l’un des plus anciens et l’un des principaux musées de France pour l’importance de ses collections allant des primitifs (flamands, allemands, bourguignons et suisses) à la peinture et la sculpture contemporaines fortement représentées par la fabuleuse donation de Pierre et Kathleen Granville.

C’est dans les magnifiques salles de ce musée - qui n’est rien moins que l’ancien palais ducal des Ducs de Bourgogne - que va être présentée la prochaine exposition temporaire consacrée à Rembrandt et son école provenant des collections du musée national de l’Ermitage de Saint- Pétersbourg. Dans le cadre de la célébration du tricentenaire de cette ville, Dijon accueille trois chefs-d’œuvre de Rembrandt et près de 35 tableaux de ses élèves choisis dans les collections du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg auxquels s’ajouteront une trentaine d’œuvres (dessins, gravures, aquarelles et huile sur toile) provenant d’autres musées européens.

En tête de l’exposition Sakia en Flore que Rembrandt a peint en 1634, puis le célèbre Sacrifice d’Abraham (1635) qui permettra d’aborder la question de l’attribution des œuvres au maître et à ses disciples et enfin la Vielle femme assise dans un fauteuil (1654) qui avec le précédent fut acquis par Catherine II de Russie. Cette importante exposition qui rassemblera plus de 80 œuvres, présentera l’école de Rembrandt à Leyle avec les travaux de Gerrit Dou et de Salomon Koninck, puis à Amsterdam avec Jacob Backer et Govaert Flink. Nous pourrons également admirer la variété des techniques abordée par son ancien élève Ferdinand Bol, les travaux de ses disciples amstellodamois, Gerbrand van den Eckhout et Jan Victors, puis ceux de Nicolas Maes, les natures mortes de Christopher Paudiss et les paysages de Roeland Roghman. L’exposition s’achèvera avec des œuvres de Willem Drost et Aert de Gelber qui dans les années 1660 atteignent une synthèse formelle d’une rare force expressive.

Informations et renseignements:
Musée des Beaux-arts - Palais des Etats de Bourgogne
Rembrandt et son école, Collections du musée de l’Ermitage
Du 24 novembre 2003 au 8 mars 2004
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h - Fermé le mardi

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