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Lyoncité historique d'art et de culturepar Kathereen Abhervé
La découverte du site historique de Lyon, doit se faire à pied, le nez au vent et les yeux grands ouverts sur ce monumental livre lapidaire classé depuis 1998 par l’UNESCO au Patrimoine de l’Humanité.
Article paru en Septembre 2003
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Elles seront romaines sur la colline de Fourvière d'où l'on embrasse toute la ville née de l'union féconde du Rhône puissant et imprévisible et de la Saône calme et lascive dont les rives accueilleront ensuite les hommes du Moyen Âge, puis ceux de la Renaissance. Elles deviendront classiques et baroques, sur la Presqu'île baignée par les deux cours d'eau dont les principes masculins et féminins favorisèrent l'édification d'un monde d'harmonie, de diversité et de contraires, d'ombre et de lumière. Le XIXe siècle des riches bourgeois y percera de grandes artères, tandis que celui des tisseurs de soie (canuts) installera ses ateliers sur la colline de la Croix-Rousse. Ville de confluences, Lyon n'a cessé de s'épanouir au delà du Rhône, et la flèche hardie de La Part-Dieu est comme un phare veillant sur les nouveaux quartiers, dont l'un d'eux édifié dans les années 20 par le grand urbaniste lyonnais Tony Garnier, est devenu par la richesse décorative de ses murs peints un véritable musée en plein-air. Ainsi après s'être nourri de la beauté aérienne, des couleurs et de l'exubérance des fresques qui depuis les années 80 habillent plus de 150 murs, faisant de Lyon, la capitale française de l'art pariétal moderne, le visiteur cherchera à percer les mystères souterrains de ses traboules. Les murs peints de Lyon
La ville aux 150 murs peints La peinture murale entretient avec Lyon, une histoire d'amour qui commença au XIXe siècle avec des peintres comme Hippolyte Flandrin (1809-1864), Pierre Puvis de Chavannes, décorateur de la cage d'escalier du Musée Saint-Pierre de Lyon ou Louis Jannot devenu l'un des plus grands décorateurs d'églises de son temps (1814-1892). Ses fresques religieuses des églises lyonnaises Saint-Polycarpe et Saint- François de Salles illustrent sa grande maîtrise de l'art figuratif mural. A cette époque de nombreuses églises et lieux publiques lyonnais s'enrichissent d''uvres murales signées par Denoyel, Denuelle, Jobbe Duval, Auguste Perrodin ou Charles Lameire suivis au début du XXème siècle par les travaux d'Etienne Couvert et Paul Borel. Dans les années trente, Louis Bouquet exécute pour l'Hôtel des Postes, une immense peinture murale de 54 mètres de long.
Il est étonnant de constater que la peinture murale qui a fasciné les artistes de toutes les époques pour ses proportions monumentales, en embellissant un site (pignons aveugles, murs d'enceinte ou d'usines) le protège de toutes dégradations. Un mur peint n'est en effet jamais taggué! Fiche technique Les murs peints d'aujourd'hui relèvent des mêmes nécessités que les fresques d'autrefois exigeant une bonne préparation du support. Celui-ci, de béton, de pierre ou de briques, devra être enduit ou entoilé afin de recevoir les peintures, de nos jours acryliques pouvant résister à l'eau. L'artiste doit tout d'abord réaliser une maquette qui sera ensuite quadrillée afin d'être agrandie et reproduite sur calque. Le contour des dessins est ensuite perforé. Le mur préalablement quadrillé reçoit le calque sur lequel l'artiste tapote avec une poudre colorée afin de reproduire la silhouette des volumes de son croquis. Ces contours sont ensuite dessinés grossièrement afin de pouvoir être appréciés de loin. Les peintres du Moyen-Âge utilisaient le même procédé. Néanmoins, une des difficultés majeures consiste à réussir l'effet de trompe-l''il en faussant parfois les règles de la perspective afin de s'adapter au gigantisme, à l'éloignement et au fait qu'un mur peint est conçu pour être regardé du sol. Les murs peints sont pour la plupart des 'uvres collectives dont la conception et la réalisation nécessitent le travail de toute une équipe de peintres et de maquettistes. Ainsi une fresque de 100 mètres carrés requiert le talent de cinq personnes pendant 30 à 45 jours! Quelques coups de c'ur La plupart des 150 murs peints répertoriés dans l'ancienne capitale des Gaules, étonnent à plusieurs égards et peuvent désorienter par leur réalisme, séduire par leurs sujets, ravir par leurs couleurs, étonner parfois jusqu'au vertige. Le Mur des Canuts situé sur les pentes de la Croix-Rousse émerveille le visiteur par ses 1200m2 de trompe-l''il. Cette fresque exceptionnelle, la plus grande d'Europe a nécessité 3000 heures de travail et pas moins de 2 tonnes de peinture. Cependant toutes les réalisations ne peuvent s'enorgueillir de tels superlatifs, et certaines se démarquent par leur originalité créatrice comme La fresque du Demi-Millénaire associant peintures, sculptures et céramiques sur les 500 mètres du mur d'enceinte du Centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu.
C'est sur cette fresque que les facétieux artistes de l'atelier Cité de la Création, pendus dans le vide ont peint subrepticement pendant un mach de foot, les résultats que les spectateurs stupéfaits ont pu lire à l'issue de celui-ci ! Pratiquement chaque quartier possède sa merveille pariétale et le Mur du Cinéma, La Porte de la Soie, La Fresque du Fort de Monluc sont autant de joyaux réalisés pour illustrer un événement ayant marqué la ville de Lyon. Le visiteur curieux achèvera son étonnante promenade dans le quartier des États-Unis (8e arrondissement) devenu le Musée Urbain Tony Garnier, en hommage à l'architecte lyonnais qui dans les années 20 édifia dans ce quartier les H.B.M. (Habitations Bon Marché) de la première cité idéale.
Cette impression se trouve renforcée par la symphonie d’ocres et de rose des façades du Vieux-Lyon repeintes selon une palette à l’italienne riche de treize nuances. Toutes ces couleurs méridionales ont définitivement chassé de la mémoire la sombre image et le souvenir de brouillards de la capitale rhônalpine, jadis surnommée Mirelingue la brûmeuse. La ville aux 300 traboules
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