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Salzbourg
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L'ère des princes-archevêques C'est en effet grâce à l'exploitation des salines naturelles de Reichenhall offertes par le Duc de Bavière, que les religieux devenus archevêques puis élevés au XIIIe siècle au rang de princes du Saint Empire romain germanique, purent s'enrichir pendant plus de mille ans et embellir leur ville jusqu'à ce qu'elle devienne ce joyau que les visiteurs découvrent aujourd'hui avec tant de bonheur. Si les premiers moines bâtirent des couvents (Abbaye de Nonnberg et de St.Pierre) sur la colline boisée du Mönchberg (le mont aux moines) dominant le cours capricieux de la rivière Salzach bouillonnant à ses pieds, les princes-archevêques couronnèrent cette colline d'une forteresse inexpugnable, d'un luxe étonnant (Hohensalzburg). Elle symbolisait alors le pouvoir temporel de ces princes, et son étrange silhouette est devenue l'emblème de la ville. Depuis son immense terrasse ' la plus grande d'Europe ! ' le visiteur embrasse un panorama exceptionnel et circulaire lui permettant d'admirer d'un côté la ligne souple des collines verdoyantes derrière lesquelles les Alpes déroulent leurs sommets enneigés; de l'autre côté, le regard plonge cent mètres plus bas sur le jeu des clochers à bulbes et des dômes de cuivre baroques qui rappellent l'autorité et l'omniprésence de l'église (La Cathédrale dite Le Dom, l'Eglise des Franciscains, l'Eglise St-Pierre et l'Eglise de la Trinité). Classée au patrimoine de l'UNESCO, la ville ancienne tapie au pied du Mönchberg, le long du cours nerveux de la rivière Salzach, est l''uvre de princes-archevêques éclairés qui depuis Wolf Dietrich von Raiteneau, l'ont dessinée du milieu du XVIe et la fin du XVIIIe siècle. C'est à ce prince raffiné épris d'architecture italienne qui rêvait de fonder «La Rome du Nord» que l'on doit le style architectural baroque de Salzbourg. Ayant fait appel à l'Italien Santino Solari pour reconstruire la cathédrale qu'il souhaitait voir dépasser Saint-Pierre de Rome, il fit édifier des églises, des fontaines (le célèbre Abreuvoir aux chevaux des écuries archiépiscopales, la fontaine Saint-Florian) et tracer de grandes places. Une promenade sous les tonnelles parfumées du parc de Mirabell permet d'apprécier la perfection des statues et des fontaines de ce jardin entourant jadis le château qu'il fit construire pour la mère de ses douze enfants. Il mourra emprisonné dans la forteresse de Hohensalzburg par son successeur et cousin le prince archevêque Marcus Sitticus qui poursuivit son 'uvre de bâtisseur. On doit à celui-ci le délicieux château de plaisance de Hellbrunn bâti à quelques kilomètres de Salzbourg et renommé pour ses célèbres jeux d'eau et ses grottes ornées de personnages. Un théâtre mécanique de cent cinquante quatre petites figurines qui s'anime au son de l'orgue constitue une des attractions majeures de ces jardins. Les princes-prélats qui se succédèrent ensuite au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, tels von Paris Lodron qui acheva la nouvelle et luxueuse demeure des princes-archevêques (Rezidens), Leopold Anton Firmian et quelques autres, jusqu'au comte Colloredo ' celui qui chassa Mozart et fut contraint par Napoléon d'abdiquer en 1803, participèrent au développement de l'université et à l'embellissement de Salzbourg qui devenait ainsi une 'uvre collective signée par des hommes d'église éclairés et raffinés.
Dans l'ambiance feutrée de cet appartement aux parquets anciens, des souvenirs tels que des instruments de musique ayant appartenu au compositeur, des partitions manuscrites, une mèche de ses cheveux émeuvent les dévots venus en pèlerinage. Cette 'uvre est programmée chaque année dans le cadre du Festival. La cathédrale de Salzbourg où se marièrent ses parents et où le jeune Mozart fut baptisé, a résonné de la musique sacrée ' messes, offices, motets et sonates d'église ' qu'il a composée alors qu'il était organiste du princearchevêque Colloredo. Cette plongée dans l'univers mozartien se poursuit sur la rive droite de la Salzach, Makartplatz 8-9, dans la seconde maison des parents de Mozart, dite la «Maison du Maître de danse», celle où il composa nombre de symphonies, de sérénades, de divertissements, de concertos pour violons et concertos pour pianos. En partie détruite durant la dernière guerre et reconstruite avec des fonds privés provenant des amis de la musique et de Mozart, et 'd'une compagnie d'assurance japonaise, cette maison-culte (Mozart-Wohnhaus) abrite depuis 1996 un musée de conception moderne présentant de nombreux instruments de musique dont le pianoforte du compositeur, des livres, des tableaux. Une immense carte murale retrace les dix-huit voyages qu'effectua Mozart à travers l'Europe en trois mille sept cent vingt jours, soit le tiers de sa vie. Le Mozarteum et Les Marionnettes de Salzbourg
Celle-ci offre aujourd'hui le fond mozartien le plus riche du monde rassemblant plus de 20 000 titres, manuscrits, écrits et lettres du compositeur. Inauguré en 1914, ce bâtiment offre également deux magnifiques salles de concert (200 et 800 places). Au fond du Jardin du Bastion du Mozarteum, le visiteur curieux pourra même apercevoir entre de grands arbres, la «Maisonnette de la Flûte enchantée» dans laquelle le librettiste Schikaneder aurait parfois enfermé Mozart afin qu'il achève au plus vite sa «Flûte». La Flûte enchantée est par ailleurs devenue emblématique du Théâtre de Marionnettes de Salzbourg qui à quelques pas du Mozarteum offre depuis 1913 des représentations d'opéras chantés en play-back par des marionnettes à fil (les enregistrements choisis sont excellents). Le répertoire de ces poupées magnifiquement sculptées dans le bois et très richement costumées, outre les ouvrages lyriques de l'enfant chéri du pays, s'étend à des opéras de Rossini et propose également quelques ballets célèbres tel que Le Casse Noisette. La fin d'un pèlerinage Le pèlerinage pourra s'achever non loin du Mozarteum, Linzer Gasse, dans le cimetière très romantique de St. Sébastien plantés d'ifs séculaires, où reposent son épouse Constanze et son père Leopold Mozart. On trouvera la tombe de sa s'ur Nannerl sur l'autre rive de la Salzbach dans le cimetière St Pierre, considéré comme le plus ancien cimetière du monde. Par contre, il ne faudra pas chercher le lieu du repos éternel de Mozart qui, mort à Vienne le 5 décembre 1791 fut jeté à la fosse commune comme un manant. Or même sans sépulture, le père de «Cosi» est omniprésent à Salzbourg et personne ne peut échapper à la «mozartomania» qui depuis quelques décennies a fondu sur la ville. Aucune vitrine n'est épargnée par les portraits de Mozart reproduits sur posters géants, encore moins par les Une tradition musicale ancestrale La tradition musicale est ancienne à Salzbourg. Elle remonte au VIIIe siècle lorsque l'évêque Rupert de Worms fonda les couvents Saint-Pierre et Nonnberg qui devinrent célèbres pour leur école de chant. Les moines étaient de grands chanteurs et furent à l'origine du chant à plusieurs voix. Plus tard au Moyen-Âge, Salzbourg a accueilli les joutes de «Minnesänger». La vocation musicale de la ville s'est poursuivie durant les siècles suivants grâce aux princes-prélats qui entretenaient à leur cour un orchestre à demeure auquel ont par ailleurs appartenu Mozart et son père. L'occupation des troupes napoléoniennes ayant mis fin au règne de ces princes, Salzbourg passa aux mains de la Toscane, de la Bavière, puis revint à l'Autriche en 1816. Durant ces temps troublés Salzbourg continua de faire jouer Spontini, Cherubini et Boieldieu. C'est d'ailleurs à Salzbourg qu'en 1616 la première représentation d'un opéra italien fut donnée sur sol autrichien.
Le premier festival Mozart est créé en 1877 et se poursuivra sporadiquement jusqu'en 1910. En 1918 en devenant la capitale de l'un des neufs pays de la république fédérale d'Autriche, Salzbourg allait enfin renaître et sortir d'un siècle d'assoupissement. Déjà avant la première guerre mondiale le grand metteur en scène Max Reinhardt écrivait: «La foi en l'Europe est le ciment de nos existences, notre fondement à tous. Nous croyons en la paix par l'esprit. Nous ferons que Salzbourg serve l'héritage classique du monde». Le Festival de Salzbourg Le premier festival de Salzbourg ne voit cependant le jour qu'en 1920 grâce à un quintette de choc constitué par Max Reinhardt, l'écrivain poète Hugo von Hofmannsthal, le compositeur Richard Strauss et le chef d'orchestre Franz Schalk qui partageaient alors la direction de l'Opéra de Vienne, et le peintre et décorateur Alfred Roller. C'est sur le parvis de la Cathédrale que s'ouvrit le premier festival, le 22 août 1920, avec la représentation en plein air de Jedermann de Hofmannsthal dirigé par Richard Strauss. Avec cette représentation du grand jeu de la pauvreté de l'homme fortuné, Salzbourg renouait avec sa tradition des jeux et des mystères qui animaient jadis ses rues et ses marchés, tant d''uvres conservées aujourd'hui à la bibliothèque de la ville. Mais tout restait à faire et le festival n'a pas acquis sa célébrité en un jour. Les anciennes écuries et le Manège des Rochers que le prince-archevêque Wolf-Dietrich avait fait tailler dans la falaise, purent recevoir les premiers spectacles lyriques à ciel ouvert. A présent trois salles constituant le Festspielhaus peuvent accueillir plus de cinq mille personnes. La Grosses Festspielhaus dont l'acoustique est tout à fait exceptionnelle, fut excavée dans la falaise du Mönschberg et depuis 1960 offre deux mille cent soixante-dix-sept places. Le Kleines Festpielhaus, centre nerveux des premiers festivals, fut réaménagé en 1963 pour accueillir mille trois cent vingt-quatre spectateurs.
La Felsenreitschule, théâtre en plein air de mille cinq cent quarante-neuf places, inaugurée en 1926 constitue la salle la plus originale avec ses quatrevingt-seize loges en arcade sur trois étages taillées dans la colline Mönchsberg au XVIe siècle afin de permettre aux spectateurs d'assister aux exercices de l'école d'équitation. Durant les représentations, un toit amovible vient couvrir la scène sur laquelle pousse un arbre, omniprésent et témoin muet de tant d'émotions musicales. Le festival d'été qui se déroule chaque année de la dernière semaine de juillet à la fin du mois d'août est devenu l'un des festivals les plus inaccessibles et les plus chics du monde bien que ces dernières années l'achat de billets soit devenu plus facile. Par contre le Festival de Pâques que Herbert von Karajan, natif de Salzbourg a fondé en 1967 est resté avec sa programmation traditionnelle de trois concerts et d'une grande production lyrique donnés en deux cycles, d'un accès très difficile car réservé aux membres bienfaiteurs. Ce qui oblige les mélomanes désireux d'y participer, à devenir membre bienfaiteur (valable pour une année) afin de pouvoir se procurer l'abonnement pour un cycle complet. La vente de billet au détail n'existe pas.
Par contre le festival de Pentecôte que Karajan consacra à la musique 1973, est beaucoup plus accessible et permet de savourer des concerts de musique du XVIe au XVIIIe siècle dans des écrins faits à leurs mesures (églises, palais). Petit aperçu du prochain festival d'été Avant de s'immerger dans la programmation touffue du prochain festival d'été, visiteurs et mélomanes doivent savoir que Salzbourg, malgré sa célébrité internationale est la ville de toutes les musiques et de tous les budgets. La magie de Salzbourg est là, car malgré sa grande renommée de ville d'art et de musique, la réputation de ses grands-messes estivales, la ville propose tout au long de l'année des séries de concerts abordables dans les hauts lieux de la ville comme à la Résidence, à la Forteresse de Hohensalzbourg où les concerts sont donnés en costumes XVIIIe, au Mozarteum, dans les églises et les châteaux des alentours. Ici, dans la ville qui vit naître Mozart, la musique est omniprésente et la Mozart Woche (Semaine Mozart) organisée chaque année en janvier afin de commémorer la naissance du compositeur le 27 janvier 1756, ouvre l'ère des festivals avec plus d'une vingtaine de concerts et récitals dirigés par les plus grands pupitres du moment. Puis, après le festival de Pâques et celui baroque de la Pentecôte, Salzbourg va une nouvelle fois devenir, grâce à son prodigieux festival d'été programmé du 24 juillet au 31 août prochain, la Capitale de la musique avec une affiche superlative offrant sept productions lyriques, une douzaine de pièces de théâtre, des dizaines de concerts symphoniques, concerts de musique de chambre et récitals vocaux. Suivant une tradition remontant au tout premier festival de 1920, Jedermann d'Hugo von Hofmannsthal (24.07-27.08) présenté sur le parvis du Dom donnera le coup d'envoi du festival simultanément à King Arthur de Purcell placé sous la baguette de Nikolaus Harnoncourt (24.07-25.08). Marcello Viotti lui succèdera au pupitre dans une nouvelle production de Die Entführung aus Dem Serail de Mozart (25.07-2.08) suivi par Cosi fan Tutte qui sera dirigé par Philippe Jordan (30.07-29.08), alors que Der Rosenkavalier le sera par Semyon Bychkov ou Peter Schneider (6-28.08). Donald Runnicles prêtera sa baguette à la nouvelle production de Die Tote Stadt de Korngold (15-30.08), tandis que Valery Gergiev sera aux commandes de Krieg und Frieden de Profofiev donné en version de concert (9, 11.08) tout comme I Capuletti e i Montecchi de Bellini dirigé par Ivor Bolton (18, 21.08). Du côté des nombreux concerts, on remarquera au pupitre du Wiener Philharmoniker des chefs tels que Seiji Ozawa, Riccardo Muti, Georges Prêtre ou Nikolaus Harnoncourt que l'on retrouvera au pupitre du Concentus Musicus Wien. Sir Andrew Davis, Paavo Järvi, Bertrand de Billy, William Christie se succèderont aux commandes d'orchestres de prestige comme le Berliner Philharmoniker, le London Symphony Orchestra, le Freiburger Barock Orchester, etc. Les récitals vocaux ou instrumentaux seront à la mesure de cette programmation prestigieuse avec des interprètes tels que les mezzo Cecilia Bartoli et Waltraud Meier, les Karita Mattila, Barbary Bonney, Thomas Hampson ou des instrumentistes comme Maurizio Pollini, Alfred Brendel, Maxime Vengerov ou Fazil Say. A ceux qui seraient tentés par ces interprètes de haut vol et l'excellent choix des productions lyriques, il leur sera donné le conseil de s'armer de patience et de s'aller consoler dans le cas d'une mauvaise pêche, sur l'une des nombreuses terrasses qui tendent leur fauteuils aux passants ou dans l'un des quarante cafés qui comme à Vienne font la fête aux gourmands.
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